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Comment on fait pour changer le monde ?

 

“Il allait enfin utiliser ses supers pouvoirs pour changer le monde !


Bien sûr, changer le monde, c’était tentant !

Mais comment s’y prendre, par où commencer ?

Fallait-il s’attaquer d’abord aux délinquants, aux fous, aux meurtriers ? Aux faibles, en quelque sorte ? Ceux qui n’avaient rien et qui devenaient hors la loi par besoin ou interêt ?

Ou bien fallait-il cibler les nantis, délinquants aussi parfois, mais protégés, qui ne risquaient jamais rien, qui conduisaient le monde vers un avenir flou et inquiétant, qui ne brillaient, à défaut d’intelligence, que par leur cupidité, leur ignorance, leur avidité de pouvoir, de richesses ? Ceux-là n’avaient pas compris que la richesse ne se mesurait pas au nombre de chevaux cachés dans le moteur de leurs bagnoles, au nombre de pièces de leur énième résidence secondaire, au diamètre de leur cigare ou à la longueur extravagante de leur yacht, parfois payé par les deniers publics (Bernard T., si tu me lis …).

 

Changer ! Sauver le monde ! De quoi, de qui ? Et pourquoi ? L’humain méritait-il qu’on le sauve, lui qui ne s’étouffait pas de scrupules pour détruire autour de lui … Ne valait-il pas mieux le laisser s’exterminer, le laisser aller inexorablement vers la fin d’un système à bout de souffle, système qu’il avait lui-même mis en place ?

Le laisser s’empoisonner par les saloperies alimentaires fabriquées par ses mains cupides, s’empoisonner encore par les usines, par le danger nucléaire, par les armes chimiques qu’il balançait sur la gueule de ses voisins … Le laisser crever de faim, de soif, de misère, de fatique, de maladies, de la guerre …. Toutes choses créées par son cerveau machiavélique, envieux ou encore stupide …

 

La tâche était complexe, se disait Gaston. Et puis l’homme, se sentait-il prêt à changer ? Le souhaitait-il réellement ? Gaston n’en était pas sûr. S’il voulait changer le monde, il fallait changer l’homme, le changer malgré lui. Il fallait le sauver de lui-même, de ses tentations, de ses perversions, de ses jalousies, de sa médiocrité …

Lui-même, tout super-héros qu’il était, avait failli basculer dans le coté obcur. Il avait été tenté de profiter de la fortune de Chico, il s’était senti spollié à l’annonce de l’existence de Sofia. Il avait même apprécié ces quelques semaines passées dans les plus grands palaces, restaurants ou lieux chics que son père connaissait bien. Il savait qu’il commençait à y prendre goût. Il se sentait coupable, lui qui avait toujours travaillé honnêtement, laborieusement, à qui on avait appris tout jeune que la valeur du travail était primordiale. Lui que l’on avait éduqué, formaté, comme des milliers d’autres d’enfants, pour travailler et ne rien dire, ne pas se plaindre, ne pas espérer mieux.

 

Bien sûr, cela avait changé, les mentalités avaient changé. Les gosses, maintenant, étaient bien différents. Il lui suffisait d’observer les siens, de gosses, pour s’apercevoir que la jeunesse d’aujourd’hui fonctionnait avec d’autres valeurs, qui étaient souvent bien éloignées de l’effort, du respect, de la solidarité.

 Ils en étaient parfois pathétiques de stupidité, ces jeunes qui jugeaient ininteressant tout ce qui n’était pas eux, qui se leurraient, qui se voyaient riches et célèbres, parce qu’ils avaient une plastique parfaite ou qu’ils avaient montré leur image à la télévision ? Leur image, oui, mais malheureusement aussi leur manque de culture, de vocabulaire, leur ignorance et leur médiocrité … Pourtant, ces jeunes, ils étaient partis à peu de choses près avec les mêmes chances, ils avaient eu la possibilité d’aller dans des écoles, dans des bibliothèques ? Qu’était-il arrivé à leurs neurones ramollis ? A quel moment cela avait-il “merdé” ? L’école, les fréquentations, l’éducation laxiste des parents, les discours infantilisants des politiques, les inepties et le poison télévisuels ? On leur avait appris la docilité …

 

C’est cela : la docilité … L’absence de révoltes, l’absence d’idées, l’absence d’idéal …

On flattait leur égo d’un coté, pour mieux les manipuler de l’autre !

C’était bizarre, et complexe … Rééduquer les populations, n’était-ce pas aussi une forme de manipulation ? Avait-il la légitimité pour cela, lui, Gaston, petit ouvrier méprisé dont la vie était insignifiante ? Qu’allait-il leur dire, lui, à ces populations ? Quels buts fallait-il choisir ? Moins de misère, moins de malheurs, de guerres, de famines ? C’était tellement utopique ! Et puis, d’autres avaient essayé avant lui, et avaient échoué ….

 

Gaston avait besoin de réponses.

Changer le monde, c’était l’idée de l’auteur, qu’il se débrouille avec, conclut-il avec pessimisme !

Tag(s) : #LES AVENTURES EPATANTES DE GASTON MARRONNIER

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