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Cigare, whisky et p’tites pépés …

 

 

Deux femmes se doraient au soleil.

Deux femmes, qui, ayant chacune du caractère, faisaient tourner en bourrique les hommes qui avaient le malheur de les côtoyer.

Deux femmes, trempant délicatement des lèvres soigneusement maquillées dans un cocktail alcoolisé, papotaient, tout en admirant la vue magnifique qui s’offrait à leur regard, depuis la terrasse ensoleillée.

 

Deux femmes : l’une blonde, menue, réservée, l’autre, rousse, élégante, lumineuse.

 

Un valet, habillé de noir, impassible et stylé, s’approcha des deux jeunes femmes, et posa à leur intention quelques petites douceurs à grignoter. Puis s’éloigna discrètement, non sans avoir admiré les deux beaux spécimens qui se trouvaient là, sous ses yeux.

 

« Ma chérie, demain, je t’accompagnerai dans les boutiques. Tu verras, nous allons te trouver quelques petits tailleurs qui te mettront en valeur, ainsi qu’une ou deux robes. Tu les porteras divinement bien ! »

« Merci, chérie, mais je ne serais jamais aussi belle et élégante que toi …. ».

 

Conversations futiles, certes, mais ô combien reposantes pour le maître des lieux, assis dans un large fauteuil en cuir non loin de là, et qui fumait un cigare, un Cohiba Behika, fleuron de La Havane, en fermant à demi les yeux.

Tout s’arrangeait à merveille : sa villa, confortable et dotée des dernières innovations techniques, sa fortune, gagnée à la sueur de son front, et judicieusement placée dans quelques paradis fiscaux .. Et puis ses affaires, qui lui rapportaient encore des revenus, indispensables au train de vie des charmantes personnes présentes désormais près de lui et qui, sans nul doute, accompagneraient agréablement les derniers mois de sa vie mouvementée.

L’une d’elles se tourna vers lui, et, lui souriant, demanda

« Pourrais-je t’emprunter la Jaguar demain matin, s’il te plait ? »

« Bien sûr, mon ange, toute la journée si tu veux ! Je n’en aurai pas besoin. »

 

La jeune femme se leva, déposa un baiser sur la joue du vieux monsieur, puis se débarrassa de son peignoir brodé pour exécuter un plongeon remarquable dans l’eau bleue de la piscine à débordement. Elle fut rapidement rejointe par son amie, et les deux charmantes demoiselles s’éloignèrent en nageant et en riant gaiement, en se disant que ma foi, la vie avait parfois du bon …

 

Chico se demanda combien de temps il lui restait à vivre. Il avait tiré sur la corde, brûlé la vie par les deux bouts, et ne le regrettait pas. Mais il appréciait maintenant de souffler auprès de ses proches, qu’il avait longtemps négligés. Son héritier, Gaston, serait bientôt là, à ses cotés. Son bras droit, Jules, était presque comme son fils, et les rejoindrait également. Et puis Sofia, la belle Sofia, la fille de Ginette … Mon Dieu, que de souvenirs ! Gigi la Dynamite, c’était quelque chose ! Il l’avait rencontré dans un espèce de boui-boui, au fin fond d’une ville crasseuse d’Amérique Latine, où il était en affaire avec cette canaille de Jo le Flambeur…. Mais ça, c’était une autre histoire !

Elle s’était approchée de lui, pas farouche, et lui avait fait son numéro … Clins d’œil appuyés, décolleté plongeant, lèvres suggestives, allusions sybillines et danse sensuelle sur la scène. Gigi n’était ni la première ni la dernière sur la liste, mais elle avait un petit quelque chose qui lui avait plu. Et Chico était faible ! Les quelques nuits qu’ils avaient passé ensemble avaient été torrides !

Et maintenant Sofia se rappelait à son souvenir … Il n’en était pas mécontent, bien que la grande scène qu’elle lui avait joué à l’hôtel l’avait beaucoup amusé !

Chico savait depuis longtemps qui elle était. L’enquête qu’il avait fait menée par ses sbires des années auparavant lui avait apporté la preuve que Gigi savait ce qu’elle faisait. Des enfants, il en avait sans doute plusieurs à son actif. Mais Sofia sortait du lot. Il désirait qu’elle soit mise au courant de ses affaires, au même titre que Gaston, et la belle était partante.

Voilà pourquoi elle se trouvait près de lui désormais. Gaston et Jules arrivaient dans 3 jours de Paris. Les détails de sa succession pouvaient bien être réglés ici, au bord de la piscine, dans sa somptueuse villa de l’île Maurice, plutôt qu’en France.

Martine et Mauricette, déjà sur place, avaient préféré dans un premier temps rester dans leur palace, où Gino, le coach italien, s’occupaient on ne peut mieux d’elles.

 

Une seule ombre au tableau : ses jours étaient maintenant comptés, d’après le toubib qui s’occupait de lui. Le vieux Mesdeuxseins n’était certes plus tout jeune, mais il avait l’art et la manière de lui dire qu’il fallait se ménager. Non, il ne lui restait plus très longtemps à profiter de la vie, à moins que ce vieux cinglé de Taloche ne trouve enfin une solution …

 

Ce crétin de professeur s’était fait prendre à l’hôtel, en ville, et voilà que sa jeune amie (fort bien faite au demeurant) s’était retrouvée sans ressources. Taloche était recherché pour je ne sais quels enfantillages, et Chico avait pris les choses en main. Quelques billets judicieusement distribués ici et là, et Taloche se trouvait dorénavant en sécurité sous son toit. Et puis, Sofia semblait s’entendre avec  … zut, Suzette, Hughette ? Muguette ! Chico prévoyait cependant une longue conversation avec Bernie dans les jours à venir.

 

Le valet stylé revint près de son maître et lui tendit un combiné téléphonique.

« Chico, ici Jules ! » dit une voix essouflée.

« Qu’y a-t-il ? Tu ne sembles pas dans ton état normal, mon cher Jules ! » répondit d’une voix sèche Chico.

« En effet, il y a un problème, Chico, un problème de taille ! »

« Expliques-toi, nom de nom ! »

« C’est Gaston, Chico. Gaston ne va pas bien. Il refuse de prendre l’avion … Je crois qu’il a, comme on dit, pété un câble ! »

« Passes-le moi ! » ordonna Chico.

« Impossible, Chico, je ne sais pas où il est, il semble qu’il ait disparu ! »

 

****

Seul ! Gaston se retrouvait seul dans sa maison, là où il avait vécu avec Mauricette. Il savait qu’il n’allait pas pouvoir rester, Jules le retrouverait bien trop facilement. Et puis, la voisine, en face, la mère Hautroux, elle n’allait pas tarder à se douter de quelque chose et à prévenir ses patrons, bien qu’il ait été discret en pénétrant dans le bâtiment.

Non, il n’allait pas se laisser faire, pas au moment où les choses s’arrangeaient, où il avait retrouvé son père, où il pouvait profiter d’un train de vie exceptionnel ! Ces derniers jours, Jules lui avait avoué, à mots couverts, le style d’activité de son père. Il n’avait pas été surpris. Il fallait bien que toute cette fortune provienne de quelques occupations malhonnêtes ! Cela il l’acceptait.

Mais ce qui l’avait rendu fou, c’était d’avoir appris l’existence d’une demi-sœur qui sortait d’on ne sait où, et qu’il allait falloir partager la fortune de Chico en deux !

« DANS SES REVES ! », s’étrangla-t’il …

Tag(s) : #LES AVENTURES EPATANTES DE GASTON MARRONNIER

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