Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

EPISODE 26

LA REVANCHE DE SOFIA

 

Chico et Gaston étaient attablés à une table du restaurant « La mère Brazier », et attendaient la venue de Jules, qui ce soir était en retard.
Quant à Martine et Mauricette, elle avaient pris le matin même un avion à l’aéroport Saint Exupéry de Lyon, à destination de l’ile Maurice.
Elles s’étaient finalement laissées convaincre d’accepter cette escapade de quinze jours, contre la promesse d’une suite dans le meilleur hôtel de l’ile. Jules n’avait pas lésiné sur les moyens et leur avait offert la suite Royale dans « Le Royal Palm », un des palaces les plus renommés de tout l’océan indien.
La perspective de bains dans le lagon, de séance de spa et d’un coach uniquement à leur service et dont la seule activité serait de leur rendre le séjour le plus agréable possible, avaient vite emporté leur adhésion. D’autant que l’hiver arrivait sur Lyon et le soleil des îles compenserait allègrement leur séjour plus que longuet dans la cave du pavillon de banlieue de Gaston.
Jules se faisait attendre et Gaston se demandait bien pourquoi son frère avait tant insisté pour éloigner les deux femmes. Certes celles-ci étaient de plus en plus agaçantes, tournaient autour de Jules, et se montraient de plus en plus attirées par les facilités que leur prodiguaient les moyens, plus que confortables de Chico.
Gaston, pour la première fois réfléchissait sur l’origine de tout cet argent. Il soupçonnait que les affaires de son géniteur n’étaient pas aussi claires que Jules essayait de le démontrer.
Apparemment Jules et Chico voulaient parler entre hommes.
« Mais au fait, qu’est-ce qu’il fait ce soir Jules, cela fait une heure qu’on l’attend… »
Chico appela son bras droit à l’aide de son portable, un smart phone de la dernière génération. Il s’était fait assez facilement aux délices de la technologie. Sans obtenir de réponse.

 

 

***

 

 

Dans le réduit où était toujours attaché Jules, l’ambiance avait monté d’un cran.
Le bras droit de Chico avait recouvré maintenait tous ses esprits, quoique la présence, et le parfum entêtant de Sofia...
Il se souvenait maintenant très bien de son parfum, Angel de Thierry Mugler, aux fragances de patchouli, avec des notes fruitées, de bonbon, caramel et miel, ainsi qu'un peu de coumarine et de chocolat. Il l’aimait uniquement vêtue de ce parfum. Mais cette période  était apparemment révolue.  Fini le ballet de la séduction. Son ancienne maîtresse avait eu le temps d’ourdir un plan machiavélique. Et si elle l’avait retrouvé, ce n’était pas, mais pas du tout pour se rappeler les épisodes bénis de leur relation passionnée.
Il tira sur ses liens, mais la garce avait serré les cordes et une douleur aux poignets le dissuada d’essayer a nouveau.
« As tu compris ce que j’attends de toi, maintenait, mon cher Jules ? »
Sofia lui faisait face, belle à en couper le souffle. Comment ce vieux grigou, et cette Gigi, dont il ne savait rien avant cette soirée, avaient ils pu donner le jour à cette somptueuse beauté.
Il lui fallait réfléchir vite et bien. Et par dessus tout gagner du temps.
« tu veux que je te mettes en relation avec Chico ? Mais ensuite que feras tu ? »
« Ceci est mon affaire » répliqua Sofia, « Il me semble, chéri que tu n’es pas en position de discuter » Jules entrevit dans son rictus toute la détermination et la cruauté de celle dont il découvrait des aspects insoupçonnés.
« promets moi que tu ne lui feras aucun mal, j’ai le plus grand respect pour Chico, et beaucoup d’affection. Son désir de retrouver son fils montre de plus un coté très attachant et humain que je ne soupçonnais pas… »
« Et moi, sa fille… » hurla Sofia, tout en assénant une gifle monumentale sur la joue gauche de Jales.
Celui-ci serra les dents, bien que la douleur fut atroce.
Il était temps de reprendre les choses en main sinon jusqu’où cette folle allait les entraîner ?
« Ecoutes, je te propose une solution, j’ai rendez vous à vingt heures pour dîner avec Chico et Jules chez la mère Brazier, d’ailleurs je ne sais quelle heure il est, mais ca ne devrait pas tarder. Je te propose de nous retrouver là bas, je te présenterais comme une relation d’affaires, une amie. Tu pourras te joindre à nous et a partir de là, à toi de jouer, mais pas d’entourloupe, surtout, les flics nous surveillent de près. Chico n’a rien commis l’illégal sur le territoire français mais son pedigree est connu. Et depuis sa descente d’avion, on est surveillés comme le lait sur le feu. Alors si tu tiens à ta tranquillité, ne commets pas d’impair. Tu vois je joue franc jeu avec toi, Chérie. Et maintenait détaches moi ! »
Sofia hésita, fini par sortir son portable, composa rapidement un numéro.
« C’est OK, le rendez vous est chez la mère Brazier, venez le libérer et emmener le là bas. Je serais au bar, surveillez les opérations mais discrètement »
Et s’adressant à Jules, « tu as tout entendu, pas d’entourloupe non plus de ton coté, c’est moi qui ai la situation en main, n’oublies pas. Je serais au bar, ce sera à toi de jouer chéri, et de me convier à votre table. Pour ton information tu as plus d’une heure de retard, je vais appeler l’accueil du restaurant, pour transmettre tes excuses à ta fripouille de patron, et à ton benêt de frère ».

 

***

 

 

Dans le bureau du directeur du palace ou logeait Bernie Taloche, le directeur de la police locale, interrogeait Muguette depuis plus de trois heures.
Celle-ci répétait entre deux sanglots les événements des dernières semaines, le tour du monde en amoureux  qu’ils avaient entrepris, les travaux de son professeur bien aimé auxquels elle ne comprenait pas grand chose, sa rencontre avec lui quelques années auparavant, organisée par un homme dont elle ne se rappelait pas le nom, Jules Merisier, non, Bâtonnier, non décidément, elle ne se souvenais pas, cet être curieux qu’on leur avait amené il y a deux ans et qui avait disparu depuis.
Le directeur de la police, un homme doté d’un embonpoint certain, s’épongeait le front avec sa cravate, tout en sirotant son cinquième pinacolada, il était friand de ce cocktail, et ne voyait plus quelle questions poser à cette Muguette Pervenche, dont aucune information n’était arrivée de Paris, et à qui rien ne pouvait être reproché. La dernière fois que Bernard Taloche, enfin c’est sous cette identité qu’il était descendu au palace, avait été vu, c’était sortant de la salle de sport. Depuis il avait disparu. La suite avait été fouillée de fond en comble, mais rien n’avait pu être retenu contre la blonde et accorte assistante, et les bagages du professeur n’avaient recelé aucun indice pouvant éclairer une piste .
Il décida de mettre fin à l’interrogatoire.
« je dois aller à l’aéroport accueillir un grand ponte de la police française, j’aurais sans doute d’autres questions à vous poser, ne quittez pas l’ile »
«  et ou vais-je dormir, je n’ai pas d’argent, c’est Bernie, enfin le professeur qui réglait tous les achats ? »
« Voyez avec le directeur de l’hôtel… »

 

 

***

 

Jules, entra rapidement dans le restaurant où l’attendait Chico et Gaston, lesquels après avoir été avertis par le maître d’hôtel patientaient en vidant leur deuxième bouteille de Dom Pérignon rosé 2000
Gaston finalement, s’habituait au luxe.
« Excusez moi, un empêchement de dernière minute, rien de grave rassurez-vous, ». Jules s’asseya rapidement, un brin essoufflé, et entrepris de détendre l’atmosphère devant le regard interdit des deux autres convives.
« Avez vous eu le temps de faire votre choix ?  la carte est superbe, et le chef renommé »
Après quelques minutes d’échanges et de considérations diverses sur les mérites respectifs des ormeaux à la plancha et du tournedos de lotte, de la poularde de Bresse ou du chou farci de colvert et perdreau au foie gras, Jules entrepris de rappeler ce qui les rassemblait ce soir. C’est a cet instant que sous son regard surpris et furibard, une rousse magnifique s’approcha de leur table en le saluant
« Jules Maronnier, cher ami, quelle surprise de te voir ici »
« Euh, bonsoir Sofia, quel plaisir de te voir. Gaston, Chico, je vous présente Sofia Tuneau, une amie, et hum… une relation d’affaires »
Les regards de Chico et de Gaston furent subjugués par la beauté de la nouvelle arrivante
« Sofia je te présentes Chico Reyt, mon ami et patron, et Gaston, mon frère dont tu excuseras l’apparence un peu inhabituelle, mais il a subi ces derniers temps des ennuis de santé importants ".
« Voulez vous vous joindre à nous, chère madame ? », invita Chico immédiatement, et il proposa la place à ses cotés.
« Avec grand plaisir » Le regard de Sofia ne s’attarda pas sur Gaston pour se reporter vers Chico, souriante et avenante.
« Ainsi c’est vous Chico, Jules m’a souvent parlé de vous, vous avez des affaires et une vie passionnante, je brûles que vous me racontiez tout ça »
« Voilà c’est partit pour le grand jeu » pensa Jules, malgré lui admiratif devant la beauté et le pouvoir de séduction de son ancienne maîtresse.

 

 

***

 

 

Dans le taxi qui les emmenait de l’aéroport « Sir Seewoosagur Ramgoolamde » sur l’ile Maurice, à l’hôtel Royal Palm, Mauricette et Martine regardaient le paysage avec curiosité.
« Vous aussi, vous venez à Maurice au sujet de la disparition de ce scientifique ? », 
« Non, pas du tout » répondit Mauricette, « simplement en villégiatures, de quel scientifique parlez vous ? »
« Vous n’êtes pas au courant, c’est un professeur éminent qui était en vacances avec sa maîtresse, un certain Bernard Taloche, il est français, il a disparu, toute l’ile a été fouillée, a croire qu’il s’est littéralement volatilisé »
« Bernard Taloche… » murmura Martine
« depuis sa maîtresse, une belle fille blonde donne interview sur interview et pleurnicha a qui veut l’entendre sur son abandon, m’est avis qu’elle devrait pas tarder à retrouver un protecteur, vu son jolis minois, et quand je parle de son minois, hein, pardon mesdames.. »
Le conducteur vit dans son rétroviseur, le visage des deux femmes complètement décomposé.
« Bernie, le professeur Taloche, Mauricette, là ou Gaston fut enlevé par ce journaliste, Marcel Cassoulet » bredouilla Martine
« Ah oui lui aussi, il est là, je l‘ai conduit ce matin au même hôtel que vous, c’est d’ailleurs là que logeait aussi le professeur » termina le conducteur.
Les deux femmes s’étaient évanouies.

 

 

***

 


Jules écoutait le dialogue qui s’était installé dans la chambre d’a coté entre Chico et Sofia. Chico qui ayant perdu toute prudence, était tombé sous le charme de Sofia. Comment l’en blâmer, l’homme était âgé, et la perspective de passer du bon temps avec une pouliche de cette trempe l’avait fait perdre tout sens commun.
Heureusement que Jules veillait au grain.
Un sms discret pendant le repas, et un homme a lui avait illico mis en place un système d’écoute qui lui permettait de tout entendre depuis son téléphone portable ce qui se passait dans la chambre de Chico.
Pour le moment, Chico et Sofia avaient ouvert une bouteille de Veuve Cliquot, cuvée 2000, et devisaient gentiment. Sofia prenait garde de repousser les avances un peu lourdingues de Chico. Sa culture sud américaine, la fréquentation des prisons et l’âge, surtout ne le prédisposait pas aux galanteries et autres compliments qui faisaient mouche sur une femme telle que Sofia.
Mais Jules, aux aguets derrière la porte de communication, ne perdait pas une miette de la conversation.
Quant il entendit Sofia prendre la parole, et raconter à Chico l’histoire qu’elle lui avait déjà servi, sa mère enceinte et abandonnée, toutes ces années dans la misère et l’humiliation, la rencontre avec Jules et maintenant son désir de se venger, il sut que c’était le moment, il sorti lentement son revolver de la poche intérieure de sa veste.
« voilà Chico Reyt, l’histoire de ta fille, de sa vie et c’est pour venger ma mère Ginette que je suis venu ce soir en finir avec toi, elle est morte de honte et de chagrin, et c’est maintenant à ton tour de mourir. Je vais tirer sur toi, vieille fripouille »
Jules ouvrit d’un coup d’épaules la porte de communication tout en criant « laches cette arme Sofia »
Mais quelle ne fut pas sa surprise de découvrir la chambre vide.
Sur le guéridon du salon, a coté d’une coupe de champagne renversée, un I-Pad raccordée a deux minuscules enceintes avait cesser d’égrener les mots de son ancienne maîtresse.
Personne, disparus Sofia et Chico, il avait été joué.
Un rire explosa soudain de la tablette électronique
La voix de Sofia reprit : « alors Chéri, tu me croyais a ce point aussi benêt que ton frère »
Jules se retourna vers l’appareil et instinctivement le fit exploser d’une balle de revolver.
« La salope ! »

Tag(s) : #LES AVENTURES EPATANTES DE GASTON MARRONNIER

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :