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EPISODE 24

FROMAGE ET DESSERT

 

 

 

Dans un restaurant 3 étoiles très connu de la région de Roanne, une grande table ronde réunissait la famille Marronnier.
Gaston, bien sûr, qui avait troqué sa cape bleue et son pyjama rose depuis longtemps mais qui arborait toujours ce visage rond, lisse, et marron, qui faisait se retourner les enfants sur son passage, hilares et moqueurs, et se détourner les femmes, horrifiées mais intriguées.

Les femmes, parlons en, elles étaient là les femmes de sa vie,
Mauricette à sa droite, sa légitime, et Martine son amante de cœur de toujours à sa gauche, on avait un peu calmé leur rivalité et elles faisaient bonne figure. Il faut dire que l’on venait de servir l’entrée. et le repas s’annonçait somptueux
Noix d’huîtres, ivres d’un bouillon vif à l’aubergine. Plus tard il y aura Rouget Barbet de l’été indien, suivi d’un Navarin de Homard bleu, avant un Cannelloni tiède de chèvre folle, et un Soufflé aux noisettes en dessert.
Le tout accompagne d’un Chassagne Montrachet 2007, d’un Champagne Laurent Perrier Grand Siècle, et d’un Muscat de Beaumes de Venise 2011.
Ce repas fin et copieux, les femmes de Gaston le devaient à Chico et Jules.
Oui Chico et Jules qui complétaient cette table fastueuse.

C’est au retour de leur cure à Chivy que les deux hommes, après une longue conversation avaient proposé à Gaston cette réunion, en forme de conseil de famille.
Récupérer les deux femmes avaient été plutôt sportif, mais la perspective d’un séjour en hôtel de luxe, de repas fins dans les meilleurs restaurants, et l’éventualité de séances de shopping dans les meilleurs maisons lyonnaises les avaient vite convaincues de ravaler leur rancœur, et de faire oublier tous ces mois passés dans la cave de la petite maison de banlieue.

Pour le moment la conversation roulait sur des sujets légers, la robe des vins et celles de ces dames, les parfums également, conversation de bon aloi, entre gens éduqués et sur leurs gardes. Ils avaient en commun dorénavant des intrigues et tellement de secrets à partager. La confiance entre Chico, Jules d’un coté et les deux femmes était plutôt ténue. Mais comment faire sans elles, qui partageaient la vie de Gaston depuis toujours.


Chico le sentait bien, il était temps pour lui de passer la main, de confier à Gaston, le seul fils qu’il ait jamais eu, ses affaires, avec l’aide précieuse et compétente de Jules qui était depuis si longtemps son homme de confiance.
Chico, se sentait pris d’une grande lassitude pour cette vie turbulente et violente qu’il avait menée. Il s’était fait de nombreux ennemis, en avait éliminé un certain nombre, certes, et certains lui auraient bien encore fait la peau s’ils avaient pu. Mais au soir de sa vie, il recherchait la paix, et à profiter tant que faire se peut de ses richesses bien à l’abri dans quelques établissements de bon aloi et de préférence dans ces paradis fiscaux et tropicaux dont on parlait abondamment dans les gazettes..
Il comptait voyager, tout au moins dans des pays qui n’étaient pas trop regardants sur son passeport et ne collaboraient pas avec Interpol. Il était las de fuir devant les polices du monde entier, et ne supporterait plus une nouvelle mise à l’ombre.

L’ambiance se réchauffait petit à petit, le vin parfait, la chaleur des mets y étaient pour beaucoup, La musique douce et en sourdine, le dernier opus de Gare du Nord, amenait les convives dans un bien-être et une insouciance propices aux confidences.
Jules, en parfait organisateur avait réservé un petit salon privé qui prédisposait au mieux a ce qu’ils avaient à conclure en cette soirée de novembre.

Au moment ou le sommelier resservait les verres du nectar qui accompagnait les huîtres, Jules toussota légèrement, pour s’éclaircir la voix et réclamer discrètement l’attention de ses partenaires du soir.

« Chère Martine et chère Mauricette, notre repas en commun de ce soir, aussi délicieux fut il, s’avère être également un dîner, comment dirais-je, un dîner d’affaires »
Martine interrompit illico le geste de porter à ses lèvres son verre à pied en cristal, pour reporter toute son attention vers Jules qui finalement se révélait plutôt joli garçon et qui ne devait pas manquer d’intérêt. Mauricette, ayant surpris le regard de son amie et rivale, fut la plus rapide à réagir
« un dîner d’affaires, mais comment ça, cher beau frère ?»

Un sonnerie de portable, un peu déplacée dans cet endroit raffiné fit sursauter toute ‘l’assistance.
Jules se leva derechef, confus et en s’éloignait le rouge aux joues vers le vestiaire, décrocha avec précipitation
« Sofia ? toi, mais que…. ? »

 

.* * * *

 

Dans une suite luxueuse d’un hôtel 5 étoiles de l’ile Maurice, Muguette s’étirait lascivement dans un bain moussant eux reflets bleutés.
Un bouquet de 56 roses rouges trônaient sur le table basse, livrées peu avant par un serviteur compassé, et une bouteille de Veuve Cliquot attendait dans un seau à glace que l’homme de sa vie en fasse sauter le bouchon.
La vie était belle pour Muguette. Bernie venait de la demander en mariage et lui donner le code de sa carte GOLD. Que pouvait il lui arriver maintenait ?
Bernie allait bientôt remonter de sa séance de gym et de musculation dans la salle de sport dernier cri du palace.
C’est à cet instant qu’on frappa à la porte.
Ouvrez, police ! ! !


* * * *

 

A la foire aux livres de Brive la Gaillarde, assis à une table minuscule, un auteur attendait ses lecteurs.
Marcel CASSOULET, c’était lui, avait passé ces derniers mois à écrire son brûlot et racontait par le menu le complot ourdi contre la république par Jean Jacques BOUDIN et ses acolytes, complot anéanti par l’action courageuse du journaliste lui-même avec l’aide d’un comparse, Big Beigne, qu’on n’avait plus revu depuis des mois.

Mais ce que n’avait pas imaginé Marcel, c’était que le milieu de l’édition aux mains des mêmes actionnaires que les médias et radios dont son ancien employeur, l’avait blacklisté et nulle porte de maison d’édition ne s’était ouverte.
Il avait résolu de publier son livre à compte d’auteur et depuis courrait les foires aux livres et les librairies de province pour vendre sa prose.
A quelques dizaines de mètres de lui, accoudés au bar, deux policiers, un gros dégueulasse et un vieux rabougri moitié cramé ne le quittaient pas des yeux.

Depuis la pseudo candidature de Big Beigne aux dernières élections et le faux enlèvement du journaliste au printemps, les meilleurs éléments de la Police pistaient celui-ci en quête d’indices et d’éléments compromettants propres à l’embastiller pour le compte. On ne plaisantait pas au plus haut sommet de l’état, Des têtes avaient valls.…é.
Même si l’épisode avait recouvert la campagne du petit Nicolas d’un voile plutôt suspect. Dont le nouveau président avait profité. Et puis ils avaient perdu la trace de ce Gaston Marronnier et de sa femme.

Le patron des deux abrutis, un bellâtre sur le retour était quant à lui parti tôt le matin dans un avion en partance pour l’ile Maurice aux basques de la femme de Marcel, Germaine Cassoulet et son jeune amant, Benjamin Tartiflette. Quel intérêt pouvait il y avoir a aller à l’île Maurice. Il ne se passait jamais rien dans ce paradis tropical.
« Trop, c ‘est trop, c’est tropical » rigola le gros, qui ingurgita son quatrième pastis.
Encore un coup pour profiler du soleil et des hôtesses de l’air aux frais de la princesse.

Tag(s) : #LES AVENTURES EPATANTES DE GASTON MARRONNIER

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