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QUI EST DONC JULES ?

 

Gaston, dans la minuscule cabine, faisait face à Inès (Inès Traupié, c’était le nom de la jeune personne), qui, sérieuse et professionnelle, lui arrosait copieusement le corps, des pieds jusqu’aux épaules. Gaston trouvait ça agréable. D’ailleurs, il trouvait tout agréable depuis quelques jours : le séjour dans ce palace, le copieux petit déjeuner servi par la souriante femme de chambre, les repas dans les meilleurs endroits de la ville, les boutiques de luxe, même les soins thermaux, en particulier les massages, effectués de main de maître par Mahmoud, le « gros black » qui officiait en cabine 131 !

Et puis, bien sûr, avoir retrouvé son père, ça, ça n’avait pas de prix !

 

Seulement, deux ou trois choses le chiffonnaient :

Gaston se doutait bien que son père avait quelque chose d’important à lui révéler. Un père , absent toute sa vie, et qui désirait le voir subitement ! Il fallait être simple d’esprit pour ne pas comprendre ! Seulement, Gaston ignorait tout de Chico, et appréhendait tout de même un peu ce qu’il allait découvrir !

Et puis, se posait le problème de lui-même : Gaston / Big Beigne ! Fallait-il lui avouer, à ce père retrouvé, toute cette histoire abracadabrantesque de super-héros, de transformation, d’enlèvement ? Fallait-il lui parler de Cassoulet et de ses obsessions ? Pour le coup, Chico le prendrait pour un sérieux déséquilibré ! Il ne savait que faire …

Et puis, autre chose : quelle était cette histoire avec Jules ? Jules serait le bras droit de Chico ? Et puis quoi encore ? Il s’avoua qu’il n’avait jamais vraiment su ce que faisait son frère, ni de quelle manière il gagnait sa vie. Il pensait, et Mauricette aussi, qu’il travaillait pour un grand groupe alimentaire américain, ou pour une grande société de boisson du même acabit. Et qu’il s’en sortait donc plus que bien ! Mais le bras droit de Chico, ça alors ? Et d’où se connaissaient-ils, ces deux-là ?

 

Il pensa à sa mère : lui aurait-elle caché des choses importantes ? Pourquoi n’avait-elle jamais parlé de Chico ? Bien sûr, son père (adoptif, celui-là), Georges, (paix à son âme !), l’aurait vu d’un très mauvais œil !

 

Tandis qu’Inès, toujours armée de son puissant jet, lui demandait « Sur le coté, Mr Marronnier ! », les pensées de Gaston le ramenaient à l’époque lointaine où Jules et lui-même se rendaient dans la petite école de garçons, au centre du bourg. Gaston était attendu par les fripouilles de la classe de Mr Pellotti, et ceux-là s’en donnaient à cœur joie, renversaient son sac, lui lançaient des cailloux, lui chipaient ses gants ou son écharpe, tricotée amoureusement par sa maman.

Jules devait intervenir à chaque fois, faisant fuir les garnements, en distribuant deux ou trois coups bien placés. Mais ça ne faisait qu’empirer les choses !

 

Jules avait toujours pris sa défense, bien que plus jeune. Pourtant, se rappelait-il, à la maison, sa mère ne faisait pas attention à lui. Gaston, « Gastounet », était le préféré, le chouchou. Le père, souvent absent, s’occupait peu des enfants. Jules était donc devenu solitaire et taciturne, un peu livré à lui-même.

Dieu sait ce qu’il avait pu souffrir ! Mais jamais il ne s’était plaint !

Les années avaient passé, et les deux frères s’étaient éloignés. Jules était parti faire sa vie au loin, tandis que Georges faisait rentrer Gaston à ses côtés, dans l’usine qui l’employait.

 

Jules, cependant, avait toujours assisté aux réunions familiales ainsi qu’au mariage de Gaston et de Mauricette. Celle-ci avait toujours eu un faible pour son cadet, allez savoir pourquoi !

Bien sûr, il était svelte et assez beau gosse, le Jules, pas comme Gaston, avec ses dix kilos en trop et ses trois cheveux sur le caillou. Mais Dieu qu’il était triste ! N’importe quelle femme de constitution normale se serait lassée ! D’ailleurs, les aventures amoureuses de Jules restaient discrètes, voire inexistantes. Il y avait bien eu cette grande rousse flamboyante à une époque ! Comment s’appelait-elle déjà ? Sandrine, Sophie, Corine ? Sofia ! Sofia Tuneau, c’est ça ! Jules était accroché, apparemment. Elle, moins ! Ce qui l’intéressait, Gaston en avait peur, c’était sans aucun doute le portefeuille de Jules …

Sofia était partie après quelques mois …. Qu’était-elle donc devenue ?

Tag(s) : #LES AVENTURES EPATANTES DE GASTON MARRONNIER

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