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LE NAIN JAUNE

 

Maya venait d'entrer dans le saint des saints. les locaux du 77 rue Miromesnil abritaient en effet les bureaux et le personnel mis à sa disposition par l'état à l'ancien PR.

Il allait falloir jouer serré. L'instant était d'importance. Du premier regard, de cette première rencontre dépendait la réussite de leur plan à elle et son Gaston. Non qu'elle craignât de tomber sous le charme du nabot boursouflé qui lui faisait face et qui l'accueillait avec ce sourire propre aux grands fauves devant leur prochaine proie, mais elle ressentait déja le charisme malsain qui émanait de cet homme. Elle était préparée à cette rencontre. Depuis plusieurs jours à coup de séances de training, de lectures, de recherches internet, elle savait tout ou presque sur lui. Elle était archi prête.

Dans la suite du Ritz ou ils vivaient depuis plusieurs mois, Gaston, ne restait pas inactif. Autour de lui, des ordinateurs, des appareils, des dizaines de livres, de revues.

Ils lisaient tout, regardaient et écoutaient tout sur leur gibier.

Les bios, les témoignages des vrais et faux amis, des compagnes et ex, des rivaux politiques de tout bord. Ils voulaient connaitre l'homme dans le moindre de ses recoins intimes, ses colères, ses gouts, ses défauts, ses lubies, addictions de toutes sortes. Ils voulaient entrer dans l'intimité du personnage. Prévoir ses réactions dans la moindre situation, penser ses mots. Cette phase était cruciale pour garantir la réussite de leur action.

A cet instant il songea non sans quelque inquiétude à Maya, son amoureuse de Bueno Aires et qui partageait dorénavant sa vie, ses combats et ses idéaux. Elle s'était jetée sans freins dans la gueule du loup. Le poisson devait etre ferré. Il lui tardait de la voir revenir au bercail, tant il redoutait les pouvoirs maléfiques de celui qui était devenu l'homme à abattre.

Pendant que Maya et Gaston se lançaient enfin dans ce combat tant espéré, recherché, enfin à la hauteur de leurs aspirations, face à un adversaire tenace et redoutable, l'Ile Maurice était le théatre d'évènements précipités. Certains de ceux ci sont déja connus de nos lecteurs, mais pas encore de Gaston et Maya. Et puis que devenait le reste de la smala depuis tout ce temps ?

Nous avions laissé Martine et Mauricette dans la suite d'un resort en bord de mer, elle menaient grand train grâce aux enveloppes envoyées hebdomadairement par Jules et son homme de confiance, un indigène jeune et très disponible, aux charmes dévastateurs.

Elles avaient appris le retour de Jules, sa défection auprès de Chico, l'altercation entre Sofia et Jules, le coup de couteau, l'arrestation de Sofia. De cette pimbêche elles s'en fichaient comme d'une guigne, mais elles soupçonnaient celle-cici de vouloir faire main basse sur le magot de Chico ainsi que sur Jules, et de les réexpédier vite fait bien fait dans leur banlieue sordide. Or elles avaient pris gout au luxe, au stupre, à la vie confortable que procure l'argent facile. Et en aucun cas ellse ne voulaient revenir en arrière. Elles avaient abandonné l'écoute des radios périphériques, mis à part la matinale de ce bon Jean Jacques Bourdin et s'adonnaient avec frénésie à la musique tropicale locale,  se jetaient dans des danses éffrénées en compagnie de jeunes éphèbes moitié nus.

Pourtant, la première alerte avait eu lieu. Pour la première fois, nul ne s'était présenté pour leur apporter leur enveloppe de billets. Ils leur restait quelques économies et elles avaient de quoi profiter largement encore quelques temps. Mais les deux amies étaient fines mouches. elles avaient saisi le danger. Les coups de fil à la villa de Chico étaient restés sans réponse, et elles n'avaient pas eu accès à la chambre de Jules à l'hopital, celui-ci n'était pas visble. Le pronostic était reservé lisait-on dans les journaux, qui pissaient comme à l'accoutumée de la copie, sans rien savoir. Quant à Sofia, sous les verrous encore, elle n'était plus un danger. Du moins pas pour le moment.

 

Parmi les nombreux journalistes, massés devant la villa de Chico, nous retrouvons une ancienne connaissance, Marcel Cassoulet himself. Celui-ci était venu il y a de nombreuses semaines sur l'ile pour enqueter sur la disparition de Bernie Taloche, le célèbre chercheur. Bien qu'officiellement il ait été déclaré introuvable par la police de l'île, il n'avait pas été difficile au fin limier qu'il était de retrouver sa trace dans quelque palace certains week-end, en compagnie de la toujours accorte et pimpante Muguette qui ne le lâchait pas d'une semelle. Accessoirement, il avait essayé de retrouver la piste de sa femme Germaine, accompagné de ce traîne-savate de Benji Cassoulet, qui la marquait - si on peut dire - à la culotte. Depuis leur arrivée à l'aéroport, il avait eu beau interroger tous les chauffeurs de taxis, que nib, ils avaient disparus dans la nature. Pour l'heure, ne disposant que du maigre pécule que lui avait rapporté son précédent livre, un brulot ignoré - et pour cause - sur l'affaire de son enlèvement trafiqué et le blacklistage qui s'en était suivi, il avait investi une chambre d'hôte modeste, et n'avait pas tardé à se lier avec son hôtesse. 

De fait son séjour ne lui coutait pas trop cher. Il s'était fait à la vie locale, au rhum, et aux jeunes indigènes.

Il écrivait ses memoires où il allait livrer tous les secrets, les offs qu'il avaient notés d'ne écriture fine sur de. petits carnets qu'il avait sauvés du naufrage professionnel. Il se vengerait.

A l'autre extrémité de l'île, Muguette et Bernie se donnaient du bon temps dans la plus belle suite du Sugar Beach Resort. Pour le scientifique et sa belle ami, les maux passants -enfin pour eux- vivaient chaque jour le plus parfait amour. Sable chaud, soleil, cocktails savoureux, bains de minuit nus dans la piscine, nuits d'ivresse torrides sur le water bed. Sea, sex and sun. Les recherches de Bernie étaient au point mort et ses ambitions dans ce domaine inversement proportionnelles aux tenues affriolantes de Muguette.  Mais Chico le pressait d'arriver d'urgence à des résultats. Il se sentait vieux, usé, fatigué, et de plus seul, maintenant.

 

Huguette Hautroux, quant à elle n'avait pas quitté sa triste banlieue face à la maison de Mauricette et Gaston Marronnier. depuis des lustres et les dernières perquisitions de la police, nul n'y était entré. Elle veillait tant bien que mal sur des affaires sans importance appartenant à Chico, et servait toujours de boite aux lettres. Quelle ne fut pas sa surprise de recevoir un coup de fil de son vieux patron.

"Bonjour vielle pie. Vous m'entendez ?"

Huguette reconnut immédiateemnt malgré la distance et l'usure du temps, la voix autoritaire de Chico.

"Bien sur, cher Patron, quelle joie de..."

"Fermez-la et écoutez moi, j'ai quelques soucis, je vais devoir revenir en France pour quelques jours régler certaines affaires et recevoir quelques personnes, préparez moi une chambre ainsi qu'une voiture avec chauffeur. Vous m'avez bien compris ?"

Huguette n'eut pas le temps de répondre que la communication avait été interrompue.

Maya  écoutait le petit homme discourir, vantant sa clairvoyance, son esprit de décision, son sens de l'Etat. Il était animé par la foi en son destin, à moins que ce ne fusse une posture tout simplement. Il discourait  avec une certaine vulgarité, non dénuée d'humour parfois, sur ses amis politiques, et les gratifiait de certains défauts avec une extrême férocité. Souvent d'anciens ministres en vue, des femmes souvent, accusées d'imcompétence notoire.

Il ingurgitait d'énormes quantité de chocolat, son péché mignon. Sa femme -ex star de la mode-, lui reprochait en permanence. Mais là il se laissait aller.

"Je ne devrais pas", confia t il a cette femme devant lui. "Ca me fiche des maladies de foie".

Maya sourit à cet évocation, pensant au retour vers Gaston, avec qui elle partageait la passion des jeux de société, en particulier le Nain Jaune.

Allez savoir pourquoi ?"

LES NOUVELLES AVENTURES EPATANTES DE GASTON MARRONNIER
Tag(s) : #HUMOUR

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