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EPISODE 9 : Le frère de Jean-Claude Van Damne


  « Gaston, je te présente Didier (NDLR : y’avait déjà une Mauricette et un Bernie, maintenant, y’a un Didier !), Didier Van Damne. C’est l’ami dont je t’ai parlé. J’ai fait sa connaissance à l’occasion d’un séminaire en Belgique, où les super-héros francophones se réunissaient. Son frère y assistait, ayant lui-même été héros dans une autre vie. Il se faisait appeler Mutant Radioactif. Mais je crois qu’il a raccroché depuis, n’est-ce pas Didier ? »
  « Mon frère Jean-Claude fait maintenant des conférences dans le monde entier. »
  « Ah ? Et sur quel  thème ? » demanda Maya, de la surprise dans les yeux.
  « Il traite de sujets très sérieux, c’est pas un couillon, mon frère ! »
  « Non, bien sûr, nous n’en doutons pas !  Mais de quoi traitent ses conférences ? » insista Maya.
 « Il dissèque devant un public toujours plus nombreux le fonctionnement complexe du cerveau et de ses différents aspects ... Quand je dis disséquer, c’est au sens figuré bien sûr. Ah ah ah ! ».
  « Hum. Bien ! Gaston, Didier est là en tant que coach sportif. Dans la famille Van Damne, l’aspect physique est important. Depuis leur plus jeune âge, les petits Van Damne ont soulevé haltères, usé bancs de musculation et tapis de course, pratiqué des sports de combat et de self-défense. Cela demande beaucoup de discipline et de volonté, n’est-ce pas ? »
  « Affirmatif. Nous, on n’est pas des couillons dans la famille ! »
  « Bien sûr, bien sûr ! »
 « Excuses une fois, Maya, mais la personne que je vais devoir coacher, c’est .... ça ?  » demanda l’homme musclé en désignant Marronnier.
  « Oui, bien entendu. C’est Gaston, dit Big Beigne. Ce dont il a besoin dans un premier temps, c’est de retrouver un corps d’athlète (NDLR : personne ne rit ou je fais intervenir Jean-Claude VD dans l’épisode).  Cela devrait l’aider à reprendre confiance en lui et à voir de nouveau l’avenir en rose (NDLR : comme le pyjama, vous suivez ?) ... »
  « Eh ben, y’a du boulot, mon gars ! » s‘exclama vulgairement Didier Van Damne. « Et quand je dis mon gars, j’suis optimiste !  Parce que t’as pas du lésiné sur la binouze, j’me trompe ? »
  « Pas du tout ! » s’offusqua Gaston. « C’est qui ce clown ? » souffla t’il en douce à Maya.
  « Allons allons » tempéra Maya, qui commençait à envisager ce projet de coaching sous un autre angle et à anticiper des difficultés éventuelles. « J’aimerais que tu commences le plus tôt possible, n’est-ce pas ? Gaston, promets-moi de coopérer, Didier est là pour t’aider et fera son possible afin que tu retrouves un moral d’acier, à défaut de muscles. C’est entendu ? »

   « Ah ah ah ! Je vais lui faire cracher ses boyaux, je crois bien qu’il va en baver ! » se disait Didier Van Damne en rigolant.




  « Et une, et deux, et trois ! Et une, et deux, et trois !  Allez du nerf. Fallait pas abuser d’la chopine ! Maintenant, on boit que d’la Chaudfontaine (NDLR : eau belge bien connue), pour nettoyer l’intérieur de toutes ces saletés ingurgitées. Fallait pas bouffer comme un galaffe (NDLR : Galaffe : gourmand, qui adore se baffrer). ».

  Pompes, abdominaux, étirements, respirations, ateliers de self-control ... Depuis 2 semaines maintenant, à raison de 5 heures par jour, Gaston enchaînait les exercices et vivait un enfer. Tout au plus avait-il réussi à regonfler un peu son moral.

  « Tu comprends, ton corps doit être lavé, purifié, c’est comme l’enfant qui vient de naître.  Tu comprends, c’est ça ta mission sur terre, purifier ton esprit, ton corps. Il faut y croire, you must to believe ...»

  « Ppfff » pensa Gaston.

  « Et tout le monde est pareil sur la terre, tout le monde est égaux. Si tu travailles beaucoup, si tu donnes beaucoup d’énergie dans ton boulot, et que ton corps tu le négliges, c’est sûr tu vas faire un nervous breakdown, ok ? »

  « Mon Dieu !  Si je pouvais me prendre la tête dans les mains, je le ferais ... » se plaignit Gaston.

  « Allez, pas de pause, on continue avec une série d’exercices pour te faire des fesses d’acier et des cuisses de gorilles (SIC) » ordonna l’impitoyable Didier VD, tout en maniant d’une main un haltère qui trainait sur le sol. « De l’énergie, du souffle, de la persévérance, de la volonté ! »

  « Assez » s’etouffa Gaston.

  « Si tu bosses bien, que tu joues le jeu, ok, ta femme sera contente. C’est important, la femme. Les femmes !  C’est elles qui donnent la vie, qui portent le baby,  qui enfantent, parfois dans la douleur.  Pour ça, il faut, nous les hommes, il faut qu’on les remercie, qu’on ait de la reconnaissance, n’est-ce pas ? Parce que sans elles, on serait pas là, tu vois, on serait juste une poussière dans l’univers, on serait invisible. »

  « Au secours ! » s’etrangla Gaston.

  « Dis-toi que tu travailles pour les autres, mais aussi pour toi, pour ton objectif de la vie, celui d’être heureux, et de rendre heureux ta famille, ta soeur, tes enfants, le mec pour qui tu bosses, les gens dans la rue que tu croises. »

  « Jean-Claude Van Damne, sors de ce corps ! » gémit Gaston anéanti. 




  Sofia quittait la maison, menottes au poignet. Les gyrophares de la police, les 3 véhicules des forces de l’ordre et le remue-ménage troublaient la tranquillité de ce quartier huppé, où les propriétaires de villas très chics n’avaient jamais eu à faire avec les autorités, excepté Chico bien sûr.
  Chico, qui en avait vu d’autres pourtant, se disait que pour une retraite paisible, il avait son compte. D’abord Gaston qui disparaissait, puis Jules qui mettait les bouts, et maintenant sa fille Sofia qui tentait d’occire son désormais ex-bras droit ! A sa décharge, Chico se disait que « les chiens ne font pas des chats ». Il retrouvait en Sofia des traits de son caractère : vénal, ambitieux, déterminé, sans scrupules et toujours prêt à prendre des risques.
  Jules avait été emmené à l’hôpital. Les organes vitaux ne semblaient pas touchés mais il fallait attendre. Celle folle de Sofia état donc toujours amoureuse, ou bien n’était-ce qu’un caprice ? 

  La situation devenait embarrassante pour Chico. Les journalistes et les curieux se pressaient maintenant devant la villa, en quête d’une information, d’un scoop quelconque. Et certains badauds prenaient même des photos. Les policiers n’avaient pas installé de cordon de sécurité, comme souvent à l’île Maurice. Chico apercevait même des gens dans le parc. 
  Il allait devoir distribuer quelques liasses de billet pour retrouver un peu de tranquillité et sortir Sofia de là. 





  Trois coupes de cristal, une bouteille de champagne du meilleur cru et quelques petits fours sur la table .... 
  Autour de celle-ci, Maya, Gaston et Didier VD trinquaient. En vérité, seuls Maya et Gaston trinquaient. Didier avait refusé la coupe d’un geste :
  « Non, jamais d’alcool, merci ! L’alcool, c’est un poison. Ca peut te détruire. Le cerveau, le corps, les petites cellules grises. C’est pas bon pour toi. »

  « Alors, un peu de caviar, Didier ? » proposa Maya.

 « Oh, tu sais, moi, les oeufs de poisson ! Tu sais pas ce qu’ils mangent, les poissons, tu sais pas ce qu’ils mettent dans la mer, ok, le pétrole, tout ça ! Même les oiseaux meurent. Dans 30 ou 40 ans, y’aura plus d’oiseaux dans le ciel. Ils auront tout détruit. »
  Maya profita que Didier reprenait son souffle pendant un dizième de seconde pour glisser enfin :

  « Trinquons à la réussite de votre travail à tous les deux. Je retrouve Gaston comme je l’ai connu, battant, énergique, plein d’idées et de projets ». « Et puis, Didier » rajouta t’elle, se rapprochant de Gaston, « tu me l’as transformé !  Sa peau ridée n’est plus qu’un lointain souvenir. Il est beau, mon Gaston ! ».

  Le fait est que l’apparence du héros avait changé. Du marron rabougri et hideux qu’il avait été, c’était maintenant sous les traits d’une belle chataigne bien ronde, bien lisse qu’il apparaissait. Les efforts qu’il avait fournis pendant 2 mois l’avaient fait doublé de volume. Le corps allant mieux, le mental avait aussi repris le dessus. Gaston avait même un plan.





  Rue Miromesnil à Paris, une jeune femme très distinguée s’arrêta devant le n° 77. Elle sonna. 

  « Oui ? » fit une voix.

 « Bonjour, j’ai rendez-vous avec Mr Yan Kraszocolis. Je suis Mona Astyag ».

  « Entrez, Mme Astyag, Mr Kraszocolis vous attend ».


  « A toi de jouer, maintenant, ma petite Maya ! ».

A SUIVRE ...

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